J'accuse

Publié le par SLAM POESIE DE FAUSTINE

 

 

J'ACCUSE cette société de pousser les êtres que nous sommes au désespoir

 

Je l'ACCUSE de nous acculer au pied du mur, de nous pousser au bord du précipice.

 

Je l'ACCUSE de ne pas se préoccuper de fournir du travail pour tous,

 

Je l'ACCUSE de nous traiter en parias, de nous enlever notre dignité,

 

Je l'ACCUSE de provoquer délibérément toutes les discriminations dans le seul et unique but de procéder à l'élimination du plus grand nombre d'entre nous.

 

J'ACCUSE cette société de faire de nous des chômeurs,

 

Je l'ACCUSE de nous acculer à la précarité en toute connaissance de cause,

 

de nous jeter jour après jour un peu plus dans la pauvreté.

 

J'ACCUSE cette société de faire de la plupart d'entre nous des cas sociaux,

 

On a beau s'agripper aux parois pour ne pas se laisser glisser, c'est en vain.

 

Je l'ACCUSE de nous refuser tout espoir car un cas social n'est pas « fashionnable » ni « pipolisable »,

 

Je l'ACCUSE de nous jeter dans un tunnel dont on ne peut sortir parce que nous ne sommes plus « bankable »

 

J'ACCUSE cette société de rester les bras croisés à contempler ce triste spectacle sans ciller,

elle reste de glace, inutile d'espérer qu'elle tende la main.

 

A force de s'agripper, on en perd ses ongles, on a les mains en sang,

 

nos forces s'amenuisent, on glisse peu à peu dans le précipice, ce tunnel sans fond

et ce jeu cruel dure encore et encore.

 

Il ne doit pas y avoir de cesse pour qu'il puisse contenter « les grands » de ce monde.

 

Imaginez un peu si cela prenait de la vitesse, leur plaisir ne pourrait en être décuplé, il ne faut pas.

 

Les richesses de ce monde mises au service de cette mort d'une lenteur extraordinaire, doivent être rentabilisées.

 

Il ne saurait être question de nous faire crever trop vite.

 

J'ACCUSE les « César Impérator » modernes, d'être l'exacte réplique de leurs tristes prédécesseurs.

 

Je les ACCUSE de rester là, affalés sur leurs trônes en or massif se gavant goulument de leurs agapes, faisant ripaille

 

Je les ACCUSE, entre deux friandises, de baisser le pouce toujours et encore pour signifier qu'ils désirent la mise à mort des esclaves que nous sommes et qui se trouvent dans l'arène qu'est cette vie,

parce qu'ils ont de moins en moins besoin de nous.

 

Mais à petite dose surtout, pas tous d'un coup. C'est qu'il faut se garder des réserves de looser.

Ils ne peuvent régler le problème de la surpopulation comme ça d'un seul coup d'un seul.

Dame, qui exploiterait-on sinon ?

 

Ceci est la déclaration d'un cas social qui met en ACCUSATION « les grands » de ce monde parce qu'ils ont, en toute connaissance de cause, verrouillés toutes les sorties de secours.

 

Je les ACCUSE de crime insidieux contre l'humanité.

 

 

 

Faustine

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