Réquisitoire contre le 8 mars

Publié le par SLAM POESIE DE FAUSTINE

Le 8 mars on fête la femme,

Ce jour-là, elle est mise en lumière,

On focalise sur ses grâces

Et l'on oublie les disgrâces

Qu'elle subit les autres 364 jours de l'année.

Je n'attends pas le 8 mars

Pour être une femme.

365 jours par an, je suis femme.

Chaque jour, je dois me battre

Pour être une femme

Parce que je suis une femme

Et que ma condition de femme

L'exige, l'attend, le demande.

Ma condition de femme

Me hurle que j'ai intérêt

A me défendre bec et ongles

Si je veux que l'on me respecte

Dans ma condition de femme,

Dans ma dignité d'être humain.

Une femme sur quatre subit

des violences conjugales le 8 mars aussi, dans notre pays,

Des corps de femmes tombent inanimés sous les coups

Le 8 mars aussi,

Toujours le 8 mars, à compétence égale,

Le salaire d'une femme continu d'être inférieur

De 30% à celui celui d'un homme,

Le 8 mars aussi, quand une femme

Est victime de maltraitance dans son foyer,

Elle est suspectée d'en rajouter,

Elle doit prouver sa bonne foi.

Pas de preuve,

Pas de plainte,

Pas de victime.

Alors le 8 mars, Mesdames, souvenez-vous

Qu'une main courante n'est pas une plainte

Et ne représente pas de valeur

Devant une cour de justice.

Le juge est libre d'en tenir compte ou non.

Alors le 8 mars, Mesdames,

Dites-vous que votre amoureux

Ou votre compagnon, ou mari

Ou concubin,

Peut se transformer en prédateur,

Qu'il peut vous traumatiser à vie,

Et que si les séquelles ne sont pas visibles,

Donc non constatables par un médecin,

Vous n'aurez qu'un seul recours :

Fuir le fauve qui se trouve dans votre foyer.

 

Le 8 mars, dites-vous

Que votre époux peut amener

Sa grue sous votre toit

Et vous imposer un ménage à trois

Il en a le droit,

Puisque votre foyer est aussi le sien.

Si vous pratiquez la boxe,

Vous avez le droit de la mettre à la porte,

Si vous vous en allez, parce que trop écoeurée,

Alors, vous vous mettez en tort

Pour cause d'abandon du domicile conjugal.

Alors, moi, je trouve

Que le 8 mars, il n'y a pas à se réjouir.

Je ne me sens pas plus respectée

Que les autres jours de l'année le 8 mars.

 

Et puis j'en ai marre d'être quantité négligeable,

J'en ai marre de subir

La carotte et le bâton,

J'en ai marre qu'on me prenne

Pour une imbécile, infantile,

Limite débile.

J'en ai marre des 8 mars

Et autres petites mesures pour les femmes.

Tant qu'il y aura une seule femme

Bafouée, humiliée, battue

Dans le monde,

Le 8 mars sera une journée

A marquer d'une pierre noire

Par toutes les femmes.

Ce que je veux avant tout,

Y compris le 8 mars,

C'est qu'on me respecte.

Et s'il vient, à un monsieur,

La brillante idée de vous demander

Votre main un 8 mars,

Faites-moi plaisir,

Faites-vous du bien,

Foutez-lui dans la gueule.

 

 

Fév 2007 - Faustine

 

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