Gueulante

Publié le par SLAM POESIE DE FAUSTINE

 

Ce monde est immonde

Ce sont les comptables

qui mènent ce monde

qui le rendent immonde

Une vie humaine ne représente

aucune valeur

dans leur balance comptable

Dans leur vocable

cela est un dommage collatéral,

cela passe en pertes et profits

dans leurs calculs

Tous comptes faits, le chômage

qu’ils provoquent coûte moins cher,

selon leurs écritures falsifiées,

que la vie d’êtres qui nous sont chers,

qu’un travailleur,

Ils provoquent la misère

ils précipitent l’humain dans la tourmente

ils soufflent le vent de la révolte

ils attisent le feu de la colère

ils veulent mettre ce monde

à feu et à sang

ils font de la provocation

ils cherchent la confrontation

qu’ils ne viennent pas jouer les étonnés

s’ils se retrouvent,

avec en pleine face

un de ces quatre matins,

une révolution

Ils ont usurpé le pouvoir

à force de fourberies

en mentant sans vergogne

aux petites gens,

aujourd’hui, ils comptent

se maintenir quel qu’en soit le prix ;

ils sèment la zizanie,

ils veulent l’anarchie,

Ils traitent l’humain par le mépris

il ne faudrait pas qu’ils oublient

qu’en d’autres temps la populace

a su se soulever

contre le souverain

qui se pensait tout puissant

Il n’est nul besoin

de remonter loin dans le temps

pour se rendre compte que

Ce monde est immonde

que ce sont les comptables

qui mènent ce monde

qui le rendent immonde

Ils nous privent de tout

Ils veulent nous voir nus

C’est pire qu’un striptease intégral, hardcore

Le manteau, le pull

Les souliers, les chaussettes,

La culotte, le soutien gorge,

Nous arracher les ongles,

Décoller notre peau,

Centimètre par centimètre,

nous scalper, nous crever les yeux,

nous broyer les os, nous rendre poussière

Enfouie, cimentée, étanche la tombe

Mais un mort de mort violente

Ne laisse pas ses assassins en paix

Il peut revenir

Et les poursuivre de sa vindicte,

Les tourmenter, les déloger,

les rendre fous

Ce monde est immonde

ce sont les comptables

qui mènent ce monde

qui le rendent immonde

Et si la plèbe attendait

Simplement son heure ?!

 

Faustine

  

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xavier bordes 05/11/2010 11:56



Comme je comprends cette "gueulante" et votre révolte ! "Maudits soient les marchands qui opnt vendu même l'eau et le vent !" écrivais-je dans l'un de mes livres... ("La pierre Amour" ed.
gallimard, pour les curieux !) Hélas, comment ferons nous sans personne pour comptabiliser la sueur humaine ? Comment faire fonctionner des cités de plusieurs millions de gens ? Comment évaluer
la valeur du travail et des échanges, alors que chacun estime que lui et ce qu'il fait vaut davantage que le voisin et son travail ? Au cours des siècles, que de penseurs ont tenté de trouver un
meilleur système pour faire "fonctionner" des ensembles de millions d'humains, et quand on appliquait leurs théories, cela conduisait à des massacres, à des goulags, à des échecs sanglants ! Tous
ces "ils" dont vous parlez, nous en faisons malheureusement partie : il suffit qu'un malheureux qui "gueulait" comme tous les malheureux, se retrouve un peu fortuné, et voilà qu'il se comporte
exactement comme ceux qu'il vilipendait ! L'être humain passe de façon déconcertante d'un état d'esprit à son contraire, selon qu'il passe du clan des "comptés" au clan des "comptables", le même
qui voudrait voir s'effondrer la finance internationale "source de tous les maux", est aussi celui qui applaudit quand l'Etat renfloue son compte en banque, en renflouant sa banque au bord de la
faillite... Et comment revenir avec six milliards d'habitants à un monde de chasseur-pêcheur-cueilleurs, autarciques, et ne connaissant en fait d'échanges qu'un peu de troc occasionnel ?


Ah, comme le monde et l'humanité seraient meilleurs... s'ils étaient mailleurs - ce qui n'est justement, hélas, pas le cas, et n'a aucune chance de changer !


P.S. Deux titres (sans rapport direct) : "La part maudite" de Georges Bataille, et le manuel d'Epictète. (Pour commencer.)


Bien amicalement.



SLAM POESIE DE FAUSTINE 05/11/2010 12:26



Cher Xavier, je comprends et partage votre point de vue, car je me dis que si je passais "dans le clan des comptables", peut-être me conduirais-je comme un crevard.


Merci pour les suggestions de lecture, je vais tenter de me procurer les livres auxquels vous faites références.


Amicalement


Faustine