L'Offense chapitre 8

Publié le par SLAM POESIE DE FAUSTINE

C’est à ce moment que Linda lui confia son secret. Elle avait un mystérieux soupirant qu’elle n’avait jamais vu et qui pourtant savait ses malheurs et la couvrait de cadeaux que jusque là elle était arrivée à dissimuler aux yeux de son mari, mais que ces présents commençaient à être trop nombreux pour qu’elle puisse les cacher encore longtemps, elle était prise de peur et ne savait plus quoi faire. Elle en était arrivée à se demander s’il ne fallait pas qu’elle s’en sépare d’une façon ou d’une autre. Isabel lui demanda si elle pensait que ses bijoux avaient de la valeur, assurément ils en avaient lui avait-elle répondu. Isabel lui fit la proposition de les cacher pour elle, car ces présents pouvaient le cas échéant se convertir en pièces d’or sonnantes et trébuchantes, et Linda qui ne possédait aucun bien devait penser à se constituer un capital auquel son mari n’aurait jamais accès, qu’en cela, Isabel pouvait l’aider. Elle lui enjoignit de vite retourner chez elle chercher ce qu’elles allaient mettre en lieu sûr, dans le coffre qu’Isabel détenait dans sa chambre. Ce qui fut fait sans tarder.

Maintenant, chaque fois que Linda recevait un nouveau présent de son amoureux, elle n’était tranquille que lorsqu’elle avait pu le remettre entre les mains de celle qui, il y a peu encore, elle ne tenait pas en haute estime mais qui avait su par sa gentillesse, sa douceur, son habileté à lui prêter main forte, lui devenir une amie chère. Voilà comment s’établirent les bases d’une amitié qui allait durer et permettre à deux femmes, qui au départ n’avaient rien en commun, et que pourtant l’ironie de cette vie terrestre allait faire se rencontrer, se lier d’amitié, se liguer pour laver ensemble l’affront qu’elles avaient subit.

Un homme qui a piétiné la dignité d’une femme, devrait bien se garder de dormir sur ses deux oreilles, car une femme bafouée ne saurait trouver la paix de l’esprit tant qu’elle n’a pas lavé, de manière magistrale, son honneur et sait, quand il le faut, appliquer la loi du talion. Dans l’histoire dont il est ici question, une femme allait faire usage de son intelligence pour provoquer la ruine de celui qui lui avait fait offense.

 

Cher lecteur, je sens peu à peu le doute s’insinuer dans ton esprit alerte. Tu te demandes si c’est Isabel qui adressait les mots doux ainsi que tous ces présents à Linda.

Tu es trop intelligent pour te laisser prendre aux pièges de la morale bien pensante et de la soi-disant charité chrétienne, qui veut qu’un être capable de bonté ne soit capable dans le même temps de méchanceté. Isabel ne déroge pas à la règle, bien réelle celle-là, du bien et du mal qui se trouve en chaque individu sur cette terre. Mais ça c’est mon opinion. Mon propos n’est pas de te dire comment tu dois penser.

Ne crie pas au scandale, lecteur, car pourquoi l’héroïne de cette histoire que je te livre-là, n’aurait-elle pas sa part d’obscurité ? La femme dont il est ici question, est de la trempe des plus grands héros dont tu as pu faire la connaissance au cours de tes diverses et variées lectures. Si tu as bien lu, comme je le pense, ces livres, tu n’auras pu manquer d’y voir la part d’ombre qui sommeille en chacun d’eux. C’est ce qui fait, à mon sens, leur force et leur confère la beauté et la grandeur d’âme indispensable à tout héros d’envergure. Il n’y a donc pas de raison pour que mon Isabel soit différente d’eux. Je la veux telle. Telle elle sera.

A-t-elle fait preuve de la plus grande cruauté envers celle qui allait devenir son amie, une amie à la vie à la mort ? Et Linda a-t-elle eu des doutes ? Je te laisse le soin de te faire ta propre opinion. Je ne suis pas là pour trahir les secrets les plus intimes de mes personnages.

Comme tu le sais, lecteur, il n’est nulle place en cette vie terrestre pour les innocents. Que par moments nous soyons naïfs, crédules, là-dessus le doute n’est pas permis. Mais personne ne peut se prévaloir d’innocence en tout ce qu’il fait ou dit. Ah, les mystères insondables de l’âme humaine ! Tous ceux, je sais qu’ils sont nombreux, qui veulent nous faire croire qu’il est des individus innocents ici bas, sont des bonimenteurs.

Tu supputes également, et ce à juste titre, que l’auteure de ces lignes, d’une façon ou d’une autre, est la descendante de cette Isabel. Là encore, permets-moi, lecteur, de te féliciter comme il se doit. Bravo !

Je te rejoins aussi quand tu te demandes pourquoi certains auteurs, y compris ceux de grand talent, considèrent trop souvent les personnes qui les lisent, comme étant seulement préoccupé de se divertir d’une histoire romanesque, se les imaginent dépourvus d’esprit critique et de discernement. Quelle grossière erreur ! Tu l’as sans aucun doute compris, je ne partage pas ce point de vue et m’emploierai à ne pas te manquer de respect. Si jamais, m’entends-tu lecteur, tu me prenais en flagrant délit de complaisance à ton égard, n’hésite pas une seule seconde à me rappeler vertement à l’ordre. Je ne t’en tiendrais nullement rigueur, bien au contraire, je t’en saurais infiniment gré.

Bien, maintenant que les points ci-dessus ont été éclairés, mis au jour, reprenons ce récit.

à suivre...

 

 

 

 

      

 

 

                                

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