La boîte de Pandore

Publié le par SLAM POESIE DE FAUSTINE

 

Pour voir ce qu’il en sort

J’ouvre la boîte de Pandore

Bien que je l’ignore

L’on m’a jeté un sort

Le diable qui en sort

Me colle au fauteuil

Me voilà groguie, molestée, violentée

Par un flot de mots ou de maux, je ne sais

Qui envahissent mon espace vital

Ma tête embrumée par la violence

Verbale qui s’étale sur ma feuille

Mon vocable devient insensé, grossier, innommable

Dans ce qu’il n’a rien d’aimable.

Si ce n’était qu’une question de vulgarité,

Voilà qui serait un moindre mal

Le mal, le véritable mal, vient de ce que mon cerveau

Est désormais enraciné dans toute cette fange

Dont il ne songe à se défaire

Bien au contraire il s’en délecte

A l’instar d’un enfant devant un nouveau dialecte

Interdit, banni, rejeté

A la maison et devant les parents.

 

Quel est ce nouveau moi

Que me révèle ce mauvais génie ?

Moi, rien que moi

Ou du moins ce vil moi

Tapi dans mes limbes

Qui aujourd’hui prend le pas

Sur cet autre moi, factice, poli, servile

A l’instar d’un songe

Qui n’était que cela :

Un mensonge

Qui n’en est pas moins moi.

 

Je referme la boîte honnie,

Me précipite sur un miroir

Me dévisage, me scrute, me surveille

Cela se verrait-il comme le nez au milieu de figure ?

Ou parviendrais-je à maintenir hors de vue,

comme le portrait de Dorian Gray, cet autre moi ?

Passé la première stupeur, la primaire peur,

J’accepte cet être primaire, mon double, mon jumeau

S’exprimant par ces borborygmes primaires,

Un sauvage inculte, ignorant l’éducation policée

Qui me servait d’alibi pour me fondre dans la masse

Et paraître telle qu’on me voulait

Sculptée, dégrossie, lissée,

Vierge de toute vulgarité

Soigneusement drapée de civilisation ;

Un être dénaturé en somme.

 

Faustine

  

 

 

 

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