Dimanche 4 octobre 2009

Il est beaucoup question d’environnement écologique ces temps-ci. Enfin, pourrait-on se dire, il est plus que temps !

Oui, mais je ne puis m’empêcher de penser que je n’ai pas les moyens de vivre écologiquement correcte.

L’écologie serait-elle réservée à une élite ? L’écologie serait-ce, finalement, un luxe ?

N’est-on pas en train de préparer un monde écologique d’où celui qui ne dispose pas de revenus suffisants sera exclu ?

Habiter écolo est hors de ma portée. Je ne suis que locataire de mon logis. Comment pourrais-je obliger le propriétaire à faire les travaux qui s’imposent pour chauffer la maison de façon écologique ?  

On nous dit de manger cinq fruits et légumes, plus trois produits laitiers par jour. Je ne demanderais pas mieux, si je le pouvais. Mon quotidien est tout rempli par la peur de ne pas arriver à mettre de la nourriture dans l’assiette de mes enfants.

Car la pauvreté c’est, une fois le loyer payé et toutes les charges qui vont avec un appartement, n’avoir plus que quelques malheureux euros avec lesquels il faut jongler, des semaines durant, pour renouveler tous les jours le miracle de nourrir mes enfants. Il n’y a, hélas, nulle place dans ce budget-là pour se procurer cinq fruits et légumes par jour, même s’ils sont de saison.

Alors, quand j’entends tous ces discours sur l’environnement et l’écologie, j’ai la désagréable impression d’être une criminelle parce que je suis pauvre.

 

Faustine

Par SLAM POESIE DE FAUSTINE - Communauté : Poésie contemporaine
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Mardi 29 septembre 2009

Sa vie s’est arrêtée

La terre tourne

Ma vie s’est arrêtée

La terre tourne

La vie s’est arrêtée

La terre tourne

 

Faustine

Par SLAM POESIE DE FAUSTINE - Communauté : Poésie contemporaine
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Lundi 3 août 2009

J’aurais aimé vous écrire que je l’ai trouvé

j’aurais aimé vous conter

que je suis revenue

la besace pleine à craquer

d’histoires à raconter

j’aurais aimé décliner

devant vous mon ascendance

fille de

petite fille de

arrière petite fille de

arrière arrière petite fille de

et comme cela jusqu’au tout premier patronyme.

Je suis passée par Praia,

oh juste un détour

pa mata sodade

et voir l’océan démonté,

j’ai repris la mer,

oh pas pour longtemps,

jusqu’à Bissau.

A mes questions,

il fut répondu

que l’on ne savait pas

que cela remontait loin dans le temps,

qu’avec les déplacements,

qu’avec les emmêlements de sang

on ne pouvait plus rien dire de précis.

J’ai remonté le fleuve Casamance

à la recherche de cette semence

moi qui ai le souci du détail,

je me trouve devant une corne d’abondance

à laquelle il me faut présenter ma doléance.

J’entre plus avant dans le Macina

tant de peuples venus de là

ont déployés leurs ailes vers d’autres contrées

toujours accompagnés des chantres du Savoir

déclamant leurs lignées.

A tous ces êtres rencontrés

j’adresse cette supplique :

y en aura-t-il un parmi vous

pour me reconnaître et me dire

viens, tu es des nôtres.

De ce voyage dans le temps,

je suis revenue avec toutes mes interrogations.

L’autre nuit pourtant,

j’ai fait un songe

il s’est assis sur mon lit

a pris ma tête et doucement

l’a posée sur ses genoux,

il m’a fait la grâce d’une caresse

c’était doux et apaisant.

Veut-il me dire par là

que ma quête est juste ?

Qu’il me faut la poursuivre ?

Aurais-je le bonheur un jour

de voir se réaliser ce vœu,

le voir émerger des pages de l’oubli ?

Faustine

Par SLAM POESIE DE FAUSTINE - Communauté : Poésie contemporaine
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Mercredi 22 juillet 2009

Chantons à l’unisson, jour et nuit, Le Dieu Musique

pour qu’il nous délivre des douleurs de ce monde,

puisqu’il devient de plus en plus éprouvant

chaque jour de se lever,

de mettre un pied devant l’autre

pour aller de l’avant.

Les descendants

ont soif de cours

d’Histoire,

de celle qui ne nous a pas été apprise en cours.

Devenus adultes, nous glanons

de-ci, de-là, des bribes de savoir

partiel, distillé avec parcimonie par les tenants du Savoir.

Cela fait de nous des moitiés

de pas grand-chose,

cela fait comme si l’on fendait un arbre

en deux, en son milieu,

de haut en bas, de la cime aux racines,

cela fait comme si on éparpillait

cette moitié coupée

où aller où, chercher les morceaux éparpillés ?

Comment les rassembler ?

Et cela fait comme si on restait là

à regarder ce que pourra devenir ce demi-arbre.

Que peut devenir cette moitié d’arbre ?

Cette moitié d’arbre

devient moi,

c’est-à-dire un déni à travers les siècles.

Depuis des siècles,

mon existence est niée par l’Histoire.

On m’a jetée dans l’oubli. L’oubli qui tue.

Comment peut-on mieux tuer une personne,

qu’en faisant comme si elle n’existait pas ?

Oh bien sûr, les descendants

peuvent tenter d’imaginer, d’écrire

cette partie d’eux-mêmes dont on les a ainsi privés.

Ils auraient raison

car pourquoi se priver de prendre des libertés

avec l’Histoire,

avec la chronologie historique,

quand les hommes qui ont écrit

et surtout ceux

qui ont fait cette Histoire,

ne se sont pas privés, eux,

de prendre la plus grande liberté

avec la destinée de nos ascendants.

Mais, ce faisant, les descendants

verrons qu’il reste-là,

tout au fond de la gorge,

tout au fond du cœur,

au plus profond des tripes,

dans le cerveau, là,

comme un goût d’inaccompli, n’est-ce pas ?!

Voilà pourquoi j’écris que Guinée et N’Gola,

ont enfantés le Brésil,

Voilà pourquoi j’écris que Guinée et N’Gola,

ont enfantés le Cap Vert,

Voilà pourquoi, tout comme le brésilien,

je suis plurielle, d’origines diverses et variées,

cent pour cent incontrôlables, invérifiables,

je suis un puzzle où il manque des pièces.

Ainsi que je l’ai déjà écrit,

en tant que capverdienne

née en un pays d’Afrique francophone,

je ne sais rien ou quasiment,

ce qui revient au même de mon point de vue,

sur mes origines véritables.

J’ai quelques pistes, très vagues à vrai dire.

Le Cap Vert est un pays

né du mariage arrangé et forcé,

entre blancs et noirs,

à une époque où certains hommes

se sont dit qu’ils allaient partir

à la conquête de certaines contrées,

appelées Terra Incognitae,

pour laver certains revers

qu’ils avaient essuyés à quelques temps de là,

lors de ce qui fut nommé par l’Histoire, une croisade.

Arrivés sur place, ces hommes s’étant aperçus que les terres

qu’ils foulaient du pied,

regorgeaient de richesses de toutes sortes,

tant humaines que matérielles,

ont décidés d’annexer ces terres

de s’octroyer ces richesses,

quitte pour ce faire,

à peupler par force certaines steppes inhabitées.

C’est le cas notamment des Iles du Cap Vert,

dont les habitants sont métis

à quatre vingt dix-huit pour cent,

à en croire certains.

Quatre vingt dix-huit pour cent

de mélange de peuples d’Afrique

pour une grande part, mais d’où exactement,

il est très difficile de le savoir avec précision,

de peuples d’Europe pour une autre large part ;

portugais, anglais, peuples d’Inde,

car les portugais ont fait des incursions

là-bas également et ainsi de suite.

On fait quoi avec ce qui est un lourd héritage ?

Jusqu’à présent, j’ai tenté de survivre avec.

Très mal je dois dire, si je veux être un peu sincère.

On subit, on ronge son frein,

on se prend la tête, on se la cogne même, la tête,

on ressasse, on tourne en rond au point de frôler la folie,

on tourne autour du pot, on souffre,

on a la haine, on est en colère,

on hurle contre l’injustice,

toutes les formes d’injustices.

Je pourrais poursuivre de la sorte

pendant des pages et des pages,

pour en définitive, RIEN.

Voilà. Rien du tout !

Mon patronyme est à consonance portugaise. Soit.

Mais comme ma peau est noire,

je me demande souvent, avant de porter ce nom portugais,

quel était le patronyme de mon ancêtre noir ?

Mystère.

Pas le début du moindre petit ersatz de réponse à cette question.

Rien, nada, nothing, que dalle !

Rien. Amoul dara !

Il n’y a rien ni personne

pour me guider dans ce labyrinthe

afin que je puisse trouver une preuve,

une trace de mon ancêtre l’Africain

que l’Histoire a balayé d’un revers de main,

que tout le monde semble avoir oublié.

Mais moi, je veux me souvenir de lui,

je souhaite le trouver afin qu’il me délivre enfin

de cette prison innommée qu’est l’oubli

et me transmette son patronyme.

Je n’ai pas choisi de naître métisse,

je le suis, je n’ai pas d’autre choix,

il n’y a rien d’autre à ajouter à cela ?

Mais alors, pourquoi toutes ces cachoteries

à propos du choc violent, résultant

de la rencontre de deux cultures ?

Qu’y a-t-il de si honteux dans cette histoire,

qu’il faille le dissimuler ?

Faute de Savoir, je m’imagine le pire, le savez-vous ?!

Voilà pourquoi j’écris, j’invente,

je tente d’imaginer ce que cela a pu être.

Oui, je suis l’une des martyrs de l’Histoire,

archivée, enterrée moitié vive

dans les limbes de l’Histoire.

Il y a un manque,

en moi, un gouffre de douleur que rien ne peut combler.

Sur une échelle de un à dix,

où placeriez-vous cette douleur ?

Sur dix, docteur,

Sur dix,

tous les métis

qu’ont engendrés les croisades

et autre reconquista, et il y a pléthore de métis,

cette terre entière est peuplée de métis,

savent de quoi je parle, ressentent cette douleur

du membre coupé qui manque,

cette autre moitié de nous escamotée.

Alors, nous apprenons qu’il faut pardonner

Alors, nous allons pardonner

mais jamais oublier !

L’oubli tue !

On se meurt à petit feu,

l’oubli est une gangrène qui grignote peu à peu

tout ce qu’elle peut,

la gangrène s’installe, elle prend ses aises,

elle grignote le cerveau, là

elle grignote toutes les tripes,

elle grignote entier le cœur,

elle grignote toute la gorge,

elle grignote tout ce qui reste là,

parce qu’ils ont fait des petits arrangements entre amis,

ils ont partagé le monde

faisant fi de ceux qui restaient

et dans les mains de qui ils les mettaient.

Oui, y’en a marre

de subir les petits dieux,

dieu avec un tout petit d.

Oui, de bien petits dieux

pour les grands maux infligés à l’humanité

car pour sûr, ils sont les dieux

de la désolation, dieux

de guerres sanglantes, dieux

de la misère, dieux

de l’infamie, dieux

de la dignité piétinée chaque jour, dieux

de la honte.

Oui, la honte

d’appartenir à la même humanité

que ces assoiffés du pouvoir

qui n’ont pas une once d’humanité,

qui ne sont là que pour voir, pourvoir

leur porte monnaie d’un max de fric.

Et après, les politiciens-là, nous assènent

que l’Afrique doit du fric.

A qui devrait-elle du fric, l’Afrique ?

Au nom de quoi, elle devrait du fric, l’Afrique ?

Est-ce qu’elle n’a pas assez payé comme ça, l’Afrique ?

Les amis qui ont fait de petits arrangements entre eux,

lui ont pris tout ce qu’ils pouvaient lui prendre, entre eux.

Ils l’ont laissé exsangue, l’Afrique,

entre les mains d’hommes vils,

qui laissent mourir les peuples

sans bouger un cil,

qui tuent toute lueur d’espoir,

tout désir d’un avenir meilleur chez soi,

qui ne laissent entrevoir

comme seul possible,

l’ailleurs,

l’ailleurs d’où on les repousse,

l’ailleurs pour lequel ils crèvent

en traversant les déserts, sur les mers,

l’ailleurs où on les stigmatise,

l’ailleurs où ils sont assignés au HLM,

l’ailleurs où les métiers qui leur sont désignés d’office,

c’est femme de ménage, balayeur

l’ailleurs où même quand ils sont docteurs,

ils n’ont pas le même salaire

que les autres docteurs.

Bon, à la rigueur

on veut bien qu’ils soient footballeur,

l’argent n’a pas d’odeur, ni de couleur,

on veut bien tolérer qu’ils soient musiciens,

ça mange pas de pain.

Alors, bonjour l’Africain à Paris,

bonjour l’exil,

bonjour la peine

pour ceux qu’on laisse

au pays, et qui nous manquent cruellement

bonjour le délit de faciès,

bonjour les vexations de l’administration

au quotidien.

A celui qui chante pour que justice soit faite,

A celui qui chante ouvrez les frontières,

on répond : le pays va mal,

« la France n’a pas vocation

à accueillir toute la misère du monde »

(c’est un homme de gauche qui a dit cela.

Gauche Droite tous pareils ? Même combat ?)

La France a pourtant eu vocation hier,

à aller asservir,

à piller Africa de ses ressources

tant humaines que matérielles,

provocant par là-même, la misère

qu’elle se refuse à accueillir aujourd’hui.

Et après cela, les politiques d’ici, vont donner

des leçons aux pays d’Afrique,

en allant dire là-bas (entre autres monstruosités),

que « l’homme africain

n’a pas sa place dans l’aventure humaine »,

en faisant l’amalgame

entre l’Africain et celui qui le gouverne,

amalgame

entre le puissant et l’impuissant,

amalgame

entre le pauvre

et celui qui s’est enrichi

sur le dos du pauvre

à qui l’on dit ici :

va-t-en,

ce rejeté ne pourra que demander

où veux-tu que j’aille ?

On le renverra dans son pays d’origine,

peu importe qu’il n’y soit pas né,

une fois sur place, il sera victime

de discrimination là-bas,

un comble tout de même,

il pleurera la misère étalée sous ses yeux endoloris

par tant de foly,

priera viens voir

ce qui se passe, il pourra pousser

tous les coups de gueule pour que

le tyran quitte le pouvoir avec

toutes ses promesses bla bla,

le puissant n’en aura cure.

C’est ainsi que nous pourrons

faire échos à ses lamentations

parce que le monde est décevant,

ce monde est affligeant.

Il aura mal en voyant que nous

donnons à l’Occident

le bâton pour nous battre, en ajoutant

de l’eau à son moulin à paroles,

quand nous pratiquons l’excision,

quand nous mutilons les petites filles,

en les privant de leur être intime,

sans doute pour qu’elles aient une image précise

de ce que sera leur vie de femme,

dans la souffrance, sous prétexte de tradition

à respecter.

Alors, les occidentaux pourront nous taxer de barbarie,

ils pourront faire semblant d’ignorer

que nous combattons cela de l’intérieur,

ils pourront faire semblant d’ignorer

qu’il y a eu Sundjata Keita,

qu’il y a eu Patrice Lumumba,

qu’il y a eu Amilcar Cabral,

qu’il y a Nelson Mandela,

qu’il y a nha Nacia Gomi

et toutes celles et ceux que j’oublie.

Alors oui, chantons à l’unisson

Imadjigui, même si j’ignore le sens

de ce mot, sa sonorité me plait,

je me plais à imaginer

que cela veut dire Imagine ;

Imagine

ce que serait l’avenir si tu savais,

Imagine

des lendemains riants,

Imagine

des enfants dansant,

Imagine

Qu’ils sont des fleurs

qui vont éclore demain.

Alors oui, chantons à l’unisson

une ode au Savoir qui manque,

pour qu’on nous rende

l’autre moitié du moi qui manque.

 

Faustine – juillet 2009

Les mots en italique sont glanés dans la discographie de Tiken Jah Fakoly, auquel je n’ai pas demandé l’autorisation de piller ainsi son œuvre. Je lui demande mille fois pardon pour cela.

 

Par SLAM POESIE DE FAUSTINE - Communauté : Poésie contemporaine
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Vendredi 5 juin 2009

Au départ de tes rives

Je m’imaginais

Les carnets de voyage que je composerais

Je voyais

Les nuances du sable que je dépeindrais

Je sentais

Les parfums de l’océan dont je parlerais

J’apercevais

Les cités que je visiterais

Pour ensuite y revenir en songe

Au départ de tes rives

Je devinais

Tous les replis de chaque place entrevue

Que je désignerais du doigt

Je rêvais

Tout un monde

Je touchais

Des milliers de visages que je décrirais

J’écoutais

Le rire de Ribeira Grande

Au temps de ses grandes eaux

Je lisais

Les ports mythiques que je visiterais

Pour ensuite y revenir en songe

Au départ de tes rives

Je reconnaissais

Ispahan au détour d’une phrase

Je dessinais

Les marbres du Taj Mahal

Je distinguais

Les sillons ciselés de Rocha Scribida livrant ses secrets enfouis

Je humais

Les effluves échappés d’un alambic niché dans la montagne

Au départ de tes rives

J’avais

En mémoire le goût d’une cachupa rica

Rissolée et gourmande

Je me gorgeais

De la saveur du couscous et du thé

Pris dans la plus simple des cuisines

Dont la beauté du dénuement est à nulle autre pareil

Je m’imprégnais

Des sérénades chantées à la mer par nos voix grisées

Pour ensuite les livrer en songe

 

 

Faustine - 2009

 

 

Par SLAM POESIE DE FAUSTINE - Communauté : Poésie contemporaine
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Dimanche 3 mai 2009

Un poème par jour pour les « sans papiers »,

Bien qu’il soit difficile d’écrire sans laisser libre court

A la colère, à l’indignation, à l’angoisse

De ce que l’on pourrait qualifier

De crime contre l’Humanité,

De non assistance à personne en danger.

Parce qu’un « sans papiers »

Est un être en danger de mourir de faim,

Parce que si un être Humain

Choisi la voie de l’exil

Ce n’est jamais de gaîté de cœur ;

On ne laisse pas sa famille derrière soi

De gaîté de cœur,

On ne devient pas clandestin

De gaîté de cœur,

On ne vit pas le quotidien la peur aux tripes

De gaîté de cœur,

On ne vit pas le statut d’indésirable, de rejeté,

De gaîté de cœur,

On ne choisit pas de se jeter par la fenêtre

De gaîté de cœur.

 

Ce monde d’aujourd’hui,

La cruauté dont font preuve les politiques et l’administration,

Peuvent pousser à l’envie d’en finir

Pour ne plus avoir à assister, impuissant, sidéré

A l’agonie de ceux que ce monde et ses dirigeants

Ne veulent pas accueillir, aider.

Aminata peut bien mourir de faim

Ils n’en ont cure.

Ce qui compte à leurs yeux sans âme, sans cœur,

C’est qu’elle soit rejetée, expulsée

Hors de toutes  frontières occidentales

Et tous les prétextes leurs sont bons :

Elle n’est pas en règle (au nom de quoi ? En vertu de quoi ?),

Elle n’a pas de « papiers »,

Elle est clandestine (encore une fois, au nom de quoi ? En vertu de quoi ?)

Ils feront semblant d’ignorer qu’Aminata

Est un Humain qui a le droit

De pouvoir manger,

Avoir un toit au-dessus de sa tête,

De vivre en sécurité,

Et pas un vulgaire bout de torchon sale, irrécupérable,

Tout juste bon pour la poubelle

De ce monde occidental

En perte de vitesse,

Déshumanisé,

Cruel

 

Aminata, Aminata

Toi dont l’on ne veut pas

Toi ma sœur d’élection

Toi ma sœur d’adoption

 

Aminata, Aminata

Toi dont le peuple avant-hier

Servait de monnaie de change,

Toi dont les ancêtres ont été asservis,

Traités comme des bêtes, vendus,

Toi spoliée de ta terre

Toi dont la patrie a été laissée exsangue

Par toutes les malveillances imaginées

Par des cerveaux malades de profits,

Aminata, Aminata

Toi à qui l’on a fait appel hier

Pour venir travailler ici ;

Tu as passé ta vie dans dix mètres carrés

Sous les toits, au septième étage sans ascenseur

Avec pour toute commodité,

Les toilettes sur le palier ou

Parquée avec tes enfants dans une cité HLM

Dépourvue de verdure,

Avec en guise d’horizon

Des rectangles de béton,

Ta peau est d’ébène

Ou ta religion l’islam ;

On ne te traite pas comme une Dame

On te soupçonnerait plutôt

D’être une terroriste dans l’âme

Aminata, Aminata

Sache qu’aujourd’hui,

Ils ne veulent pas de toi,

Que tu les gênes

Serait-ce l’expression de la honte

De ce qu’ils t’ont infligé avant-hier, là-bas 

Et hier ici ?

Aminata, Aminata

Toi dont l’on ne veut pas

Toi ma sœur d’élection

Toi ma sœur d’adoption

Aminata, Aminata

Je voudrais tous les jours

Et toutes les nuits

T’inventer des ailes que tu déploierais

Pour t’élever au-dessus des frontières inventées,

Je voudrais tous les jours

Et toutes les nuits

Te montrer des sources d’eau claire,

Des galets ronds de douceur,

Je voudrais tous les jours

Et toutes les nuits

Me baigner en ta compagnie

Dans les rivières d’eau fraîche et calmante,

Je voudrais tous les jours

Et toutes les nuits

Goûter avec toi les baies

Et les herbes nourricières

Offertes gracieusement par Mère Nature,

Je voudrais tous les jours

Et toutes les nuits

Avec toi nager au milieu des dauphins,

Des poissons multicolores et bienveillants

Aminata, Aminata

Je voudrais tous les jours

Et toutes les nuits

Que l’on te regarde différemment,

T’écrire des poèmes de recommencement,

Où je te dirais toutes les beautés

De ce monde cruel,

Où je te dirais que quand on te fait mal

On me fait mal,

Où je glorifierais

Ta force, ton courage,

Ta foi en l’espérance,

Depuis des décennies,

D’un Humain qui te dirait :

« Viens, entre Aminata, tu es la bienvenue.

Si tu as faim Aminata, mange,

Si tu as soif Aminata, bois »,

Je voudrais tous les jours

Et toutes les nuits

Ecrire des chansons pour toi

Qui seraient des hymnes à la tolérance

Qui couleraient comme un baume en toi

Pour te laver de toutes les humiliations,

Pour te laver de toutes tes misères,

Pour te laver de toutes tes douleurs

Et que nous reprendrions en cœur.

Mais, hélas, ma plume est asséchée

Comme un marigot dans les contrées

Où sévit la sécheresse que tu as quittée,

 Par toutes les horreurs

Dont je suis tous les jours

Et toutes les nuits

Le témoin impuissant, sidéré

Aminata, Aminata

Toi dont l’on ne veut pas

Toi ma sœur d’élection

Toi ma sœur d’adoption

 

 

Le prénom Aminata  est emprunté à un poème d’Andrée Wizem

 

Faustine

Par SLAM POESIE DE FAUSTINE - Communauté : Poésie contemporaine
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Samedi 14 février 2009
Par SLAM POESIE DE FAUSTINE
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Samedi 14 février 2009

Par SLAM POESIE DE FAUSTINE
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Vendredi 13 février 2009

Un Ré qui ne serait pas le brouillard

Un mi mais pas celui du moi

Un fa qui n’aurait rien à faire là

Le brouillard est

Un Sol insolent il s’est installé insidieusement

Car à pas de loup il s’est abattu

D’une chambre avec vue telle une massue

Sur le Lac Majeur on avance à tâtons

Venu du plus profond pourtant à l’aveugle

Des profondeurs et la chute

Un Cri d’outre tombe sur le Lac Majeur

Le brouillard est avec vous

Entourant ton pas

Plus bas que le rez de chaussée

Il s’insinue d’un coup de pied

Pas à demi

Tâtonne, te relève tel un zeste infamant

Avance ensanglantée aussitôt retombée

Avec moi prendre la vie

Note mineure

Gros Do

Epais de votre tréfonds

Scienceusement veineuses

Arrivé d’un coup seulement là

Arrache un Cri piège opaque

Ce brouillard caverne ton cerveau

Bute, tombe, un Cri

Et pousser ce Cri

 

Faustine

Par SLAM POESIE DE FAUSTINE
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Mardi 13 janvier 2009

 

Hilo ndilo neno zuri sana,

Kawa kutamka ghaibu,

Upweke,

Umbali ambao haushikiki

Uhamisho, hilo ndilo neno zuri sana,


Kwa kuwauliza watu tunaopenda,

Mko wapi ?

Kwa kuwauliza watu tunaopenda,

Kwa nini nilichagua,

Njla ya mawazo ?

Kwa nini niliondoka ?

Kwa nini niliikimbia nchi yangu iliyofukarika ?


Uhamisho,

Hilo ndilo neno zuri sana,

Kuficha huzuni,

Ya dunia yenye mbio kubwa,

Bila uzuri.


Uhamisho unamaanisha hamu na mambo yaliyozoewa,

Uhamisho unamaanisha utofauti,

Uhamisho unamaanisha kuwa hatukupokelewa,

Kuwa tunastahamiliwa tu.


Uhamisho no neno zuri sana,

Lakini lenye kuadhibisha,

Kwa sabatu tutapata ujoto wa titi la mama wapi,

Tukihama,

Hata kwetu ?


Uhamisho tunaogopa,

Uhamishoni tuna njaa,

Uhamishoni tunahisi baridi,

Uhamishoni hatukuwa kitu chochote.


Uhamisho ni shimo lisilo mwisho,

Uhamisho ni kisima bila kikomo,

Uhamisho unamaanisha kuwa tamaa iliktwa,

Uhamisho unamaanisha kuwa wakati ujao ni machweo,

Na hata kama jua linang'aa,

Mtu aliyehama anabaki gizani.


Uhamisho unamaanisha,

Kuwa sigawi,

Furaha zenu na shida zenu,

Uhamisho unamaanisha,

Kuwa hamwezi,

Kushahidia zangu.


Uhamisho ni neno zuri sana,

Kukuita katika usiku,

Kusema kwamba hata,

Nikipiga kelele, nikilia, nikiomba,

Hakuna kitu kutuepusha na

Huo ambao ndio usiku mrefu mno.



Traduit en swahili par Mathieu Roy de l'Ouganda

Texte original de Faustine Lima

Par SLAM POESIE DE FAUSTINE
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