L'Offense chapitre 15

Publié le par SLAM POESIE DE FAUSTINE

Mais revenons aux protagonistes de cette Offense. Isabel pleurait toujours l’absence de ses deux premiers enfants. C’est là que Dom Ferdinand allait entrer de nouveau en scène pour crucifier par un plan diabolique ce vil scélérat qu’était l’être qui avait abusé de l’innocence de sa fille Felizbella, maintenant morte de chagrin dans un couvent. Pour ce faire, il fit appel à Luis et à Francisco.

A l’instigation d’une femme déterminée, trois hommes allaient fomenter une affaire de détournement de fonds appartenant à l’empire colonialiste portugais et ainsi, signer la chute et la fin de l’être qu’elle abhorrait, qui l’avait gravement offensée.

Luis place une grande part de la fortune personnelle d’Isabel dans l’acquisition de bateaux négriers qui allaient ponctuellement faire des razzias sur le continent africain pour se procurer de la main d’œuvre gratuite qui servirait à l’exploitation de nouvelles terres outre Atlantique. Ce placement rapporte le double de la mise de départ.

Luis expose au comte Dos Santos Spiritos son juteux commerce auquel ce dernier souscrit immédiatement, à Luis de faire le lien entre les différents protagonistes qui traitent ce genre d’affaire.

De son côté Dom Carlos se mit à fréquenter assidûment les salons d’hommes d’argent influents pour les intéresser à ce business. Il savait être convainquant, avançait de tels arguments que pour finir les plus récalcitrant n’hésitèrent pas à mettre entre ses mains toute leur fortune.

Ils pensaient Dom Carlos habilité, au nom de l’empire, à exercer le commerce qui assurerait à tous gloire et fortune décuplée.

Il n’en était rien. Le comte Dos Santos Spiritos agissait en son nom et pour son seul profit.

Le commerce dont il est ici question était d’abord et avant tout une affaire d’Etat. Seul le puissant empire colonial pouvait et avait le droit de lever de la sorte des fonds pour pratiquer ce trafic. Quand l’empire acceptait l’argent d’investisseurs privés, il était clair pour chacune des parties qu’il ne s’agissait là que de cas exceptionnels. Aucune des personnes qui plaçaient un capital dans ce commerce n’avait le droit d’en tirer un profit supérieur à celui de l’empire. Ils devaient se contenter d’un infime pourcentage des bénéfices ainsi dégagés. (Mais nous n’allons pas pleurer sur l’état des finances de ces hommes d’affaires qui voyaient tout de même leurs bons du Trésor leur rapporter beaucoup d’argent). L’empire leur faisait un immense honneur en acceptant leurs deniers car ils contribuaient de la sorte au rayonnement du Portugal aux yeux du monde.

Dom Carlos réussit à amasser un capital tel que bientôt il put armer des vaisseaux pour aller effectuer des rapts sur les côtes africaines pour se procurer des esclaves, qu’il vendait ensuite aux Amériques, à l’insu de l’empire qui n’allait pas chercher querelle à un homme qui contribuait à remplir les caisses de l’Etat et veillait à sa gloire de si belle façon. Tous pensaient cet homme digne de foi.

Pourtant, la seule chose que fit ce sujet au-dessus de tout soupçon fut d’expédier des hommes noirs à Lisbonne, ville dans laquelle ces derniers allaient contribuer à ériger les plus beaux monuments grâce à leurs talents respectifs. Bien qu’ils n’en portassent pas le titre, ces êtres qui recouvraient ainsi la liberté étaient des compagnons allant de construction en construction, porter leur savoir faire.

Dom Carlos est pressé, il veut aller plus vite, il veut acheter plus de navires, il veut vendre plus d’esclaves, il veut gagner plus d’argent. Tant pis pour l’empire et sa gloire. Il décuple son trafic parallèle qui va lui assurer dans le monde de la finance une position enviable et enviée. Il ne cesse les allers et retours entre la capitale portugaise et l’île de Brava.

 

Tout à la joie de faire fructifier son juteux commerce Dom Carlos Dos Santos Spiritos allait signer des documents compromettants, lever des fonds en puisant dans le trésor appartenant au gouvernement portugais, amasser une fortune dépassant l’entendement et ainsi attirer sur ses affaires l’œil inquisiteur des représentants du tout puissant impérialisme portugais qui n’entendait pas laisser des fortunes colossales se bâtir sans en prendre part, de préférence une grosse part.

Francisco, Luis et Ferdinand, n’ont eu qu’à lui suggérer la voie. Ils se sont ensuite contentés d’assister à la chute de leur ennemi commun.

Un jour, un aristocrate désargenté voulant à son tour acquérir fortune, vint trouver un haut dignitaire pour plaider sa cause. Il possédait de riches terres qu’il était tout disposé à céder à la couronne en échange d’un capital pouvant lui permettre de se lancer dans les affaires qui se traitaient en ce temps-là. Lorsque le dignitaire en question voulut répondre favorablement à la demande du gentilhomme force lui fut de constater que les avoirs qu’il tenait pour acquis manquaient. En effet, il lui fut répondu par ses hommes de confiance que les liquidités qu’il réclamait n’étaient pas disponibles dans l’immédiat, que des investissements lourds avaient été nécessaires, que l’on ne pouvait lui donner satisfaction pour le moment.

Cet homme supputant quelque malversation, réunit tous ceux qu’il savait être en affaire avec le comte Dos Santos Spiritos pour leur exposer la situation embarrassante qui était la sienne et leur demander de prendre garde et surtout de s’assurer de l’état de leurs capitaux.

Hélas, chacun d’eux put vérifier les dires de leur ami. C’est ainsi que débuta la descente aux enfers de Dom Carlos car il ne manqua à l’appel aucun investisseur pour lui réclamer son dû.

à suivre...

 

 

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